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Haïti s’étend sur une superficie de 27 750 Km2 pour une population de plus de 8 millions d’habitants. La densité de la population est plutôt élevée (293 hab/km2) et tend à augmenter avec un taux de croissance de la population qui est de 2.26%[1]. En matière de développement humain, Haïti occupait le 153e rang selon le rapport publié en 2005 par le PNUD[2] alors qu’en 2003, il se classait au 145e rang. Le taux de croissance pour l’exercice 2005-2006 est de 2,5% et le taux d’inflation se chiffre à 7.90%% en juillet 2007[3]. La proportion de la population vivant sous le seuil de la pauvreté extrême (moins de USD 1 par jour) est estimée à 56% et celle vivant sous le seuil de pauvreté (moins de USD 2 par jour) à 76%[4]. Le phénomène de pauvreté prend de l’ampleur en aggravant les conditions de vie déjà précaires des couches défavorisées de la population. Les indicateurs sociaux témoignent de graves insuffisances : l’espérance de vie moyenne se limite à 51.6 ans, le taux d’analphabétisme évolue autour de 48.1% et le taux de scolarisation est de l’ordre de 24%. Les vingt dernières années ont été particulièrement difficiles pour la population haïtienne qui, en plus de cette crise économique que traverse le pays, a connu l’instabilité politique avec de nombreux bouleversements sur le plan politique.


En 2006, l’économie haïtienne est demeurée extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs. Ainsi, l’augmentation du prix du pétrole sur les marchés internationaux a profondément affecté le pouvoir d’achat de la population haïtienne qui demeure très dépendante de l’or noir. Comme note positive, notons une certaine stabilité du marché des changes avec un dollar américain qui se vendait en moyenne à 37 gourdes.


Il convient de rappeler que les nombreux changements qui se sont opérés dans la structure d’Haïti dans le temps considéré comme un pays à vocation agricole, ont fortement affecté la majorité de la population. La libéralisation du commerce extérieur en 1995 conduite en dehors d’un processus de revitalisation du tissu industriel et de remembrement de la production nationale a eu un impact négatif sur l’économie nationale. Les couches défavorisées ont développé des stratégies de survie en intégrant le secteur informel qui regroupe plus de 90% des emplois à travers des activités précaires ou de survie à faible valeur ajoutée utilisant des équipements désuets à productivité réduite. Les difficultés d’accès aux ressources productives en vue de réduire les disparités entre les groupes sociaux constituent l’une des principales contraintes au développement d’initiatives innovantes en matière de lutte contre la pauvreté. L’économie haïtienne se révèle donc incapable de générer une croissance forte et durable, condition essentielle à la création d’emplois. Cette tranche de la population n’avait pas accès à des services financiers jusqu’à l’arrivée des opérateurs de microfinance qui, sur la base de petits prêts aux micro et petits entrepreneurs, ont permis à de nombreux ménages pauvres haïtiens de développer des activités génératrices de revenus et d’améliorer leurs conditions de vie.




[1] The World Factbook 2003, CIA http://www.odci.gov/cia/publications/factbook/geos/ha.html
[2] PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, 2005
[3] Taux moyen de 27% pour les années 2003, 2004 et 2005
[4] Ministère de l’Économie et des Finances, La pauvreté en Haïti – Un profil de pauvreté, novembre 2003